Nacer Bouhanni (FDJ-BigMat) est le nouveau Champion de France de cyclisme sur route, inscrivant son nom au palmarès après ceux de Sylvain Chavanel (2011), Thomas Voeckler (2004 et 2010), ou encore Pierrick Fédrigo (2005), Jacky Durand (1993 et 1994), Marc Madiot (1987), Laurent Fignon (1984), Bernard Hinault (1978), etc... Voir la liste complète sur Wikipedia.
Panorama de la presse après ce succès du sprinteur Lorain de la FDJ-BigMat.
sprint final et victoire pour Nacer Bouhanni au... par France3Nord-Pas-de-Calais
« J’espère honorer ce maillot »
Nacer Bouhanni n’a pas caché ses émotions, hier, à l’issue de la course. « C’est une grande fierté de représenter mon pays », se félicite le Lorrain.
Le Républicain Lorrain (RL) : Nacer Bouhanni, que représente pour vous ce titre de champion de France ?
Nacer : C’est une grande fierté de représenter mon pays. J’espère honorer ce maillot pendant un an.
RL : Quelle étaient les consignes au départ la course ?
Nacer : Au briefing, Arnaud (Démare) et moi, on était les deux coureurs protégés. Toute l’équipe a fait un gros travail pour nous. Ensuite, dans le final, il y avait encore cinq ou six coureurs pour nous emmener au sprint. William Bonnet s’est bien occupé d’Arnaud et, moi, j’avais Geoffrey Soupe. On était quasiment à égalité au dernier virage et ça s’est joué dans les derniers mètres.
RL : Etait-ce le scénario attendu ?
Nacer : Oui, l’objectif était de finir au sprint. Après, c’est tombé sur moi, c’est bien. Ça aurait été Arnaud, ça aurait été tout aussi bien pour l’équipe FDJ-BigMat. Il n’y a pas de concurrence entre nous deux, on est sur différents fronts en général. On a réalisé le doublé, c’est parfait. Comme mercredi ( sur la semi-classique belge Halle-Ingooigem). Si ça pouvait continuer comme ça, ce serait super.
RL : Depuis le début de la saison, vous enchaînez les bonnes performances. Y a-t-il eu un déclic ?
Nacer : J’ai gagné dès ma première course de l’année (à l’Etoile de Bessèges) devant Marcel Kittel. Cette victoire m’a mis en confiance. Ensuite, sur le Tour d’Oman, j’ai réussi de beaux sprints. Au mois de mars, j’ai connu quelques pépins de santé, mais je suis parvenu à bien me remotiver après ma petite coupure en avril ; je me suis reconcentré sur les objectifs suivants.
RL : Malgré ce titre, vous ne serez pas au départ du Tour de France, samedi prochain, à Liège. Comme Arnaud Démare et Adrien Petit.
Nacer : On est trois jeunes, on représente l’avenir du sprint, c’est vrai. Arnaud a déjà fait le Giro cette saison. Moi, je n’ai fait aucun grand Tour, j’ai beaucoup à apprendre sur les courses de trois semaines, je n’ai jamais couru plus de huit jours d’affilée. Donc commencer, en août, par la Vuelta, c’est l’idéal.
RL : Quelles sont les épreuves qui vous font rêver ?
Nacer : Des courses comme Milan-San Remo ou Paris-Tours, des courses que je regardais à la télé quand j’étais petit. Bien sûr, le Tour de France me fait rêver. Tous les coureurs rêvent d’y participer. Alors pourquoi pas gagner une étape sur le Tour un jour, mais j’ai encore le temps. J’ai encore beaucoup à prouver.
RL : Vous paraissez particulièrement ému. A quoi pensez-vous en ce moment si particulier ?
Nacer : Je suis vraiment heureux de remporter cette course. J’ai perdu en début de saison quelqu’un qui m’était cher : William Ratto, le président de mon club (le CC Pays de Bulgnéville). Je lui dédie cette victoire.
M. R., republicain-lorrain.fr
Madiot : "Bouhanni, un coureur en train d’exploser"
France TV (FTV) : Cette victoire doit vous donner beaucoup de fierté et de satisfaction...
Marc Madiot : "C’est la plus belle course qu’on a faite depuis que l’équipe existe, au niveau de l’engagement collectif, du sacrifice... Tout le monde s’est mis à la hauteur de l’événement : les coureurs, l’encadrement, les directeurs sportifs... On avait une énorme pression sur la tête, on le savait. On a fait du béton sur cette course. C’est ce qu’on avait prévu : les déposer aux 200 mètres, les laisser faire leurs sprints et le destin ferait le reste. Ce sont des jeunes coureurs qui sont passés pro chez nous, qu’on connaît depuis longtemps, l’un a été stagiaire, l’autre est passé à la Fondation de la Française des Jeux. Ce sont les premiers vrais grands, gros bouquets qu’on a avec nos jeunes. J’en espère d’autres dans pas longtemps. J’ai envie de dédier cette victoire à M. Blanchard-Dignac (le P-DG de la FDJ, ndlr)."
FTV : Qui est ce coureur peu connu et prometteur, Nacer Bouhanni ?
Marc Madiot : "Il est moins connu qu’Arnaud (Démare) parce qu’il n’a pas eu le même parcours dans les rangs amateurs. C’est un bon mec qui gagne à être connu, un teigneux, un risque-tout. C’est un beau coureur qui est en train d’exploser. C’est sa cinquième victoire aujourd’hui (dimanche). Les deux (lui et Démare) ont cinq victoires, ils ont 20 et 21 ans, ça ne va pas trop mal."
FTV : Pourquoi ne verra-t-on ni le champion de France, ni Arnaud Démare sur le Tour de France ?
Marc Madiot : "Ils sont jeunes. Le Tour, c’est la marche au-dessus, une pression énorme. Mettre l’un au Giro (Démare en mai dernier, ndlr) et l’autre à la Vuelta (Bouhanni en août-septembre prochain, ndlr), c’est une bonne marche avant d’aller sur le Tour. Il y a encore du travail à faire pour eux. L’an prochain, il y en aura un, ou les deux."
Jérôme Carrère, francetv.fr
Laurent Jalabert : « Il m’impressionne »
De loin, Laurent Jalabert observe Nacer Bouhanni répondre aux nombreuses sollicitations de la presse. Il s’en amuse. Le sélectionneur national découvre ce nouveau talent du sprint. « Je ne le connais pas beaucoup mais il m’impressionne, avoue l’ancien numéro un mondial, après avoir officié pendant l’après-midi au micro de France Télévisions en tant que consultant. C’est un garçon discret, mais il gagne à être connu. Il est intelligent, rusé, malin. Il sort de sa boîte quand il faut. »
A quelques pas de là, Arnaud Démare encaisse mal sa deuxième place. Mais Laurent Jalabert se frotte les mains de pouvoir compter sur de jeunes coureurs qui ont su saisir leur chance à Saint-Amand-les-Eaux. « C’est une bonne nouvelle. Mais c’est normal : c’est la roue qui tourne. »
En effet, Marc Madiot, qui collectionnait les deuxièmes places dans le championnat de France depuis quelques années, est heureux de voir le maillot bleu-blanc-rouge porter par l’un de ses garçons. « C’est un bon mec, qui gagne à être connu, répète le manager de l’équipe du Lorrain au sujet de son protégé. C’est vraiment un teigneux. C’est un régal de l’avoir dans l’équipe. » Néanmoins, il est encore trop tôt pour le voir évoluer sur les routes du Tour de France. « C’est la marche au-dessus et beaucoup de pression, donc aller sur la Vuelta, c’est une bonne marche avant d’aller au Tour. » « Dans la cour des grands »
Franck Pineau, le directeur sportif qui l’a guidé lors de sa victoire au Circuit de Lorraine, se réjouit pour ce « déconneur, qui a encore l’insouciance d’un adolescent ». « Il ne calcule pas », dit-il quand il évoque le Vosgien à qui la FDJ-BigMat a permis de percer chez les professionnels. « Il y a encore trois ans, il était chez les amateurs et, aujourd’hui, il est champion de France. Il est entré dans la cour des grands. » Mais le technicien se méfie des lendemains. « Aujourd’hui, ça rigole, mais il connaîtra des moments plus durs. A ce moment-là, il faudra qu’il soit encore plus entouré qu’aujourd’hui pour qu’il ne pète pas un câble. »
M. R., republicain-lorrain.fr
Bouhanni : « C’est énorme ! »
Idéalement emmenés par leurs coéquipiers de la FDJ-BigMat, Nacer Bouhanni et Arnaud Démare se sont joué le titre de champion de France dans la dernière ligne droite. Le premier a le sourire scotché, le second peine à cacher ses larmes. Le vainqueur revient sur son sacre, avec Velochrono sur le porte-bagage.
VéloChrono (VC) : Nacer, qu’est-ce qui a fait la différence ?
Nacer : La fraîcheur. C’est ce qui fait la différence car il y avait 260 kilomètres… Les conditions météorologiques étaient compliquées, et ça a été une course difficile car ça a roulé vite toute la journée. Moi, j’ai crevé puis chuté en début de course. Dans la tête, j’avais pris un petit coup. Mais après, j’ai réussi a bien me remotiver pour le sprint.
VC : À quel moment avez-vous été sûr d’avoir gagné ?
Nacer : J’ai vu Arnaud (Démare) et Adrien (Petit) me passer sur la droite… Mais je sentais que j’avais encore de bonnes jambes et je suis revenu de suite. Et quand je suis passé a gauche, j’ai vu que je pouvais aller gagner.
VC : À 21 ans, ça représente quoi d’avoir le maillot de champion de France sur le dos ?
Nacer : Je n’arrive pas vraiment a réaliser. Je realiserai sûrement demain… C’est vrai que je vais avoir seulement 22 ans au mois de juillet, donc c’est énorme !
VC : Quand on monte sur le podium, il se passe quoi ?
Nacer : On se dit ça y est… Je suis champion de France. Ça faisait longtemps que je pensais à cette course, surtout cette semaine. Après la course disputée en Belgique mercredi (Halle-Ingooigem, qu’il a remportée, ndlr) j’en ai remis une couche en faisant 80 kilomètres derrière voiture avec Martial Gayant. J’ai pensé à ces Championnats de France tous les jours. J’avais vraiment préparé ce rendez-vous, donc c’est une juste récompense. Mais c’est incroyable ce qui m’arrive.
VC : Vous devancez Arnaud Démare et Adrien Petit. Place aux jeunes ?
Nacer : Je fais mon sprint et je ne regarde pas les autres.[/pullquote]C’est vrai que c’est un très beau podium. On est trois jeunes et on représente l’avenir donc c’est beau. Avec Arnaud, on avait déjà fait le doublé mercredi, en Belgique, et là on le refait donc oui, c’est beau.
VC : On ne verra pas votre beau maillot sur le Tour…
Nacer : Non, j’en avais parlé avec Marc Madiot et il m’a dit que je ferai la Vuelta.
VC : Dans le peloton, avez-vous peur de quelqu’un ?
Nacer : Non, car la peur n’évite pas le danger. Quand on est sprinteur, si on a peur, c’est dur de faire sa place… C’est vrai qu’il y avait beaucoup de sprinteurs, mais je ne m’en préoccupe pas. Je fais mon sprint et je ne regarde pas les autres.
VC : Vous venez de battre Arnaud Démare deux fois de suite. Êtes-vous plus rapide que lui ?
Nacer : Non, on ne peut pas dire ça. C’est un très bon sprinteur. On est deux jeunes, on représente l’avenir. Et puis ça dépend des sprints, parfois c’est lui qui va plus vite. On est dans la même équipe mais généralement sur des fronts différents.
VC : Mais ce soir, vous comprenez qu’il soit très déçu…
Nacer : Nous, les sprinteurs, on ne pense qu’à gagner. Moi, quand je fais deuxième ou troisième d’un sprint, je suis super déçu. Mais on a le même maillot, alors faire premier et deuxième, c’est quand même pas mal.
Nicolas Le Cheviller, velochrono.fr
Nacer Bouhanni (Champion de France 2012) par radio-velo
Nacer Bouhanni, le sprinter aux gants d’or
Duel fratricide sous la pluie de Saint-Amand-les-Eaux et très nette victoire du Vosgien face à un Démare un peu trop pressé peut-être de s’habiller en bleu-blanc rouge.
Cinquante ans après, un hommage involontaire et superbe à Jean Stablinski sur ses terres de Thun Saint-Amand. « Stab » né Stablewski, fils d’immigré polonais devenu recordman de la course au titre avec quatre maillots tricolores, le deuxième en 1962 à Revel, devant Rorbach et Novak. Un demi-siècle tout juste plus tard, sous les yeux de Guenia la veuve du champion, Nacer Bouhanni vient faire triompher une autre vague de Français venus d’ailleurs. La famille de Karim et Anifa, ses parents, est originaire d’Algérie. Nacer est le premier coureur venu « de là-bas » à écouter en son honneur la Marseillaise sur la plus haute marche du podium de cette épreuve qui fêtait hier sa 100e édition. Champion de France de la gendarmerie en 2009, champion de France militaire en 2010, le puncheur d’Epinal affiche un goût prononcé pour le drapeau !
Le coup-de-poing de Petacchi
Avant de s’offrir presque facilement son équipier, l’autre favori, Arnaud Démare (qu’il avait déjà dominé mardi en Belgique dans Halle-Ingooigem) le serial winner d’Epinal (plus de 200 victoires chez les jeunes !) a beaucoup fait parler de lui. Vainqueur d’une étape de la Tropicale Amissa Bongo dès des débuts en 2011, il a refusé de céder sa place à Petacchi lors d’un sprint du Tour de Turquie. Résultat un gros coup-de-poing sur le dos, mais les excuses de l’Italien déclassé un peu plus tard. Les coups de poings, ce serait plutôt à Nacer à les filer. Sa passion, c’est la boxe. Gamin, il aimait bien Robbie McEwen, mais sa seule idole, c’est toujours Mike Tyson. Chaque hiver, il prend le chemin de la salle pour s’entretenir, se détendre et muscler le haut de son corps. « Sur le ring, c’est dur comme sur le vélo, mais en plus, on prend des coups et on apprend beaucoup : »
Madiot arbitre
Sous la pluie du Nord, le sprinter aux gants d’or vient de changer de statut. Jeudi soir dans leur hôtel d’Orchies pour la conférence de presse, Bouhanni à la gauche de Madiot et Démare à sa droite, ressemblaient à deux boxeurs à l’heure de la pesée. « Moi j’arbitre » avait précisé Marco. Il ne croyait pas si bien dire. Dans la FDJ en fête sur la ligne de Saint-Amand qui n’a jamais aussi bien porté son nom, le Beauvaisien ne semblait pas goûter avec grand plaisir l’ordre d’arrivée…
Pour le vainqueur du dernier Circuit de Lorraine, pas question de cramer sa belle tunique en juillet, tant pis pour les photographes, Bouhanni n’a que 21 ans, il est prévu un peu plus tard sur la Vuelta. S’il se plonge d’ici là dans l’histoire du vélo, il notera peut-être qu’en 1962, après avoir été champion de France en Lauragais, Jean Stablinski avait endossé le maillot arc-en-ciel quelques semaines plus tard à Salo.
Le chiffre : 62 ans
En additionnant l’âge des trois premiers du championnat 2012. Bouhanni, Démare et Petit ont 62 ans à eux trois. Jeannie Longo toute seule va en avoir 54 cette année...
Patrick Louis, ladepeche.fr
Bouhanni, la nouvelle vague
Le jeune sprinteur Nacer Bouhanni (21 ans) a offert hier le titre de champion de France sur route à son équipe, la FDJ-BigMat, qui a totalement contrôlé la course à Saint-Amand-les-Eaux pour récupérer le maillot bleu-blanc-rouge qui lui échappait depuis dix ans.
Le Lorrain a devancé son coéquipier Arnaud Démare (20 ans) et Adrien Petit (Cofidis, 21 ans) qui complètent le podium le plus jeune de l’histoire de la compétition, pour sa 100e édition.
« C’est la plus belle course qu’on a fait depuis que l’équipe existe, au niveau de l’engagement collectif, du sacrifice... Tout le monde s’est mis à la hauteur de l’événement », exultait le manager historique de la formation, Marc Madiot, qui avait rappelé cette semaine les places d’honneur collectionnées lors des dernières éditions (2e en 2010 et 2011, 2e et 3v en 2009).
« On avait une énorme pression sur la tête, on le savait. On a fait du béton sur cette course », s’est-il réjoui.
Malgré la pancarte dans le dos des talentueux Bouhanni et Démare, malgré la pluie et le vent qui ont multiplié les chutes, malgré la défection au dernier moment de Mickaël Delage, interdit de départ après un contrôle médical anormal, la FDJ-BigMat a maîtrisé les événements.
Dans un solide travail collectif, elle a contrôlé toutes les tentatives d’échappée dont celle de Sylvain Chavanel, le tenant du titre apparu très en forme à six jours du départ du Tour de France.
Comme prévu, Démare et Bouhanni ont été déposés à 200 mètres de la ligne pour mener leur sprint chacun de leur côté. « C’est la fraîcheur qui a fait la différence », a estimé Bouhanni, qui fêtera ses 22 ans en juillet.
Le sprinteur de poche (1,75 m, 66 kg), un ancien gendarme, « risque-tout, un teigneux » qui pratique la boxe l’hiver, a résisté à ses rivaux pour prendre une courte avance dans les tout derniers mètres.
Il ne sera pas sur le Tour
« Ca fait longtemps que je pensais à cette course. Ces derniers jours, tous les matins, je ne pensais qu’à ça », a-t-il confié.
Ce podium marque un peu plus le renouveau du cyclisme français après les titres de Pauline Ferrand-Prevot (20 ans) dans le contre-la-montre dames et de Marion Rousse (20 ans) dans la course en ligne.
Mais le prometteur nouveau champion de France n’arborera pas le maillot tricolore sur les routes du Tour de France cet été. Professionnel seulement depuis la saison dernière, il ira s’aguerrir dans les grands tours sur les routes espagnoles de la Vuelta à la fin de l’été.
